Festival La Corde raide 2026

Pour cette huitième édition, le festival a connu plusieurs évolutions marquantes, tant dans son organisation que dans l’aménagement du site.

Être photographe accrédité sur un festival reste toujours un vrai plaisir, et cette édition marquait pour moi une septième participation. Cela dit, ce travail est loin d’être de tout repos. Entre les prises de vue, parfois compliquées par l’éclairage ou la fumée, et le long travail de postproduction, la charge est importante. Trois jours de festival représentent ensuite entre une semaine et demie et deux semaines de tri et de retouche. Ce n’est donc pas anodin, mais la passion l’emporte largement sur la contrainte.

Une nouvelle organisation du site

 

L’édition 2026 a adopté une formule semi-plein air articulée autour de quatre espaces : une grande scène extérieure, une scène plus petite et semi-abritée, la scène du Carré d’Argent et la scène gratuite. Dans l’ensemble, cette nouvelle configuration s’est révélée cohérente et bien pensée, le cadre est fort agréable au bord du Brivet. Mon principal bémol concerne toutefois l’éclairage de la seconde scène extérieure, sur lequel je reviendrai plus loin.

Accessibilité et accueil PMR
Cette année, un parking PMR suffisamment vaste a bien été prévu, ce qui m’a permis d’y stationner pendant les trois jours du festival, sans difficultés… ou presque. Le premier jour, malgré ma carte visible sur le pare-brise, un bénévole m’a demandé de me garer ailleurs, pensant que l’accès était réservé aux personnes munies d’une carte de stationnement valide. Après vérification, il a reconnu ne pas l’avoir vue et m’a indiqué qu’elle aurait dû être placée plus haut (de préférence au milieu). Le lendemain, un autre bénévole m’a fait une remarque similaire, en admettant à demi-mot ne pas vraiment savoir à quoi ressemblait ce type de carte.

J’ai pris la situation avec humour, mais cela reste vexant. Une meilleure sensibilisation des bénévoles chargés des parkings PMR permettrait d’éviter ce genre de malentendu. J’ai également noté qu’aucun justificatif ne m’a été demandé pour accéder à la plateforme PMR de la grande scène.

L’accès au festival se faisait par le hall d’accueil du Carré d’Argent. Il m’a pourtant fallu deux jours pour découvrir l’existence d’un parcours PMR, signalé par un petit panneau à moitié caché. Une indication plus visible m’aurait évité d’emprunter les escaliers extérieurs.

Aménagements et restauration
L’aménagement extérieur du festival était globalement très réussi. Plusieurs bars et points de restauration étaient répartis sur le site, avec des tarifs attractifs et accessibles. Un seul manque m’a toutefois sauté aux yeux : l’absence de café, qui aurait été particulièrement apprécié en fin de soirée.

Conditions de prise de vue
La petite scène semi-abritée était bien placée et offrait un espace suffisant pour le public, ce qui constituait un vrai point positif. En revanche, l’éclairage demandait clairement à être repensé. Mal positionné et mal orienté, il créait selon les moments de fortes surexpositions ou, au contraire, des zones sous-exposées. Entre un éclairage puissant placé derrière le batteur, deux spots orientés à la fois vers le groupe et vers le public, ainsi qu’un arrière de scène exposé à la lumière du jour, les conditions étaient particulièrement délicates pour la photographie.

À cela s’ajoutait un usage très appuyé de la fumée, parfois au point de créer un véritable brouillard digne de « Smoke on the Water » de Deep Purple. Ce problème s’est d’ailleurs retrouvé sur la grande scène, de manière encore plus marquée.

Une programmation variée
Du côté des concerts, peu de critiques à formuler sur le son, globalement de bonne qualité. Les ingénieurs du son ont effectué un travail solide. La programmation, quant à elle, s’est montrée particulièrement éclectique, allant d’une variété teintée de rock à un punk metal plus musclé avec Tagada Jones, voire plus agressif encore avec Lofofora, sans oublier l’univers déjanté d’Opium du Peuple.

Organisation des pits photos
Avant d’entrer pleinement dans le récit des concerts, il faut aussi évoquer l’organisation des pits photos et saluer le travail de la sécurité au pied des scènes. Même sans bien se connaître personnellement, nous avons l’habitude de nous croiser régulièrement sur différents festivals et concerts. Avec le temps, ces rencontres répétées finissent par créer des liens amicaux, et c’est toujours un plaisir de les retrouver, ainsi que de les chambrer.

Cachemire

Cali

Celkilt

Celt & Piper

Hop Crushers

Hurlements D'Leo

Ivy Bush

Lofofora

One Rusty Band

Opium du Peuple

Parpaing Papier

Resto Basket

Tagada Jones

The Last International

Triskill

En conclusion

En conclusion

Des conditions photo encore trop compliquées
Du côté de la photographie, cette édition a une nouvelle fois souffert d’un usage excessif de la fumée sur scène. Pour certains groupes, notamment sur la grande scène, elle était parfois si présente que la batterie n’apparaissait plus qu’en silhouette.
Ce type de configuration complique fortement la prise de vue, car le capteur peine à interpréter correctement la scène. À cela s’ajoute une contrainte bien connue : l’impossibilité de rester dans le pit photo au-delà des trois premiers morceaux.
Dans ces conditions, il faut multiplier les clichés sur un temps très court, puis effectuer un tri plus important en postproduction.

Un bilan globalement très positif
Sans être parfaite, cette édition 2026 s’est révélée franchement réussie. Cette nouvelle formule, en grande partie installée en extérieur, a attiré beaucoup de monde dans un cadre agréable et bien ombragé, où il était possible de s’installer tranquillement le long du Brivet pour boire ou manger.

Une offre de restauration en net progrès
L’offre de restauration était variée et permettait à chacun de trouver facilement son compte. Le contraste avec les éditions précédentes, où le choix restait très limité, était particulièrement appréciable. Même constat du côté des bars, avec une offre plus large, complétée cette année par un bar à vin. Il faut aussi souligner que les tarifs pratiqués restaient très raisonnables, surtout en comparaison avec des festivals de plus grande ampleur.

Un site mieux pensé et plus ambitieux
L’aménagement du site a été bien conçu, avec suffisamment d’espace pour accueillir un public nombreux dans de bonnes conditions. Comparée aux anciennes éditions centrées sur la seule salle du Carré d’Argent, dont la capacité se limitait à environ 700 à 800 places, cette nouvelle formule marque une vraie montée en puissance. Réunir environ 6 000 personnes sur trois jours (entrées payantes et gratuites confondu) représente à lui seul une évolution très significative.

Une programmation riche et éclectique
Côté concerts, la programmation offrait un large éventail de styles. On passait ainsi de la variété rock de Cali au blues de One Rusty Band, du rock décalé de Parpaing Papier à l’énergie de Cachemire, jusqu’aux prestations bien plus musclées de Tagada Jones et de Lofofora, sans oublier la touche punk celtique apportée par Celkilt. Cette diversité a largement contribué à la réussite de l’édition.

Une scène metal locale qui se diversifie
La région de Pontchâteau semble confirmer une vraie diversification de son offre musicale. En 2025, la ville a accueilli la première édition du Thrash Metal Assault, un nouveau rendez-vous consacré au thrash metal. Dans le même esprit, le Metal Noz, organisé à Assérac au profit de l’école Diwan de Guérande, s’inscrit lui aussi dans cette dynamique en défendant une programmation metal à la fois engagée et locale.
Autre signe encourageant : Savenay accueillera le premier Creep Horror Show le 31 octobre 2026. Avec une orientation plus marquée vers le hardcore et le metal, cet événement vient élargir encore un peu plus l’offre de concerts dans le secteur.
Pour une fois, ce type d’initiative ne se concentre ni sur Nantes ni en sud Loire, et c’est suffisamment rare pour être souligné. Étant relativement proche de ces différents lieux, je ne vais certainement pas m’en plaindre.