Le Lid Ar Morrigan est un festival particulièrement convivial. Sa fréquentation raisonnable permet de circuler tranquillement, loin de l’affluence des grands rassemblements qui accueillent 20 000 à 25 000 personnes par jour.
La huitième édition s’est ouverte sous une chaleur écrasante, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de la salle.
Cette année, l’organisation de la salle du Champilambard avait légèrement évoluée. Habituellement divisée en trois espaces — la grande scène, le merchandising et la scène acoustique —, elle accueillait toujours deux scènes, mais l’espace central avait été entièrement dégagé.
À l’extérieur se trouvaient les stands de restauration, un espace repas équipé de tables et de chaises — un peu juste en capacité — ainsi que les stands d’artisanat. Malgré la surface limitée, l’ensemble était très bien organisé.
Cette huitième édition proposait une affiche particulièrement ambitieuse, dominée par Moonsorrow. Le groupe finlandais, lié à certains musiciens de Finntroll, se produit rarement en France : sa précédente apparition remontait, pour moi, au Hellfest 2016.
Les Parisiens ont ouvert les festivités avec un concert solide malgré des problèmes de son. Avec de meilleures conditions techniques, leur prestation aurait gagné en impact.
Le groupe breton a mêlé instruments traditionnels et chants en langue bretonne avec énergie, mettant à l’honneur la richesse du patrimoine celtique.
Ce projet acoustique angevin, porté par des voix féminines et des compositions entre tradition et modernité, a offert une parenthèse intimiste au cœur du festival.
Musicalement, la prestation m’a moins convaincu. Les chemises hawaïennes du groupe suédois ont toutefois apporté une touche franchement décalée.
Figure bien connue des festivals metal, petits comme grands, le groupe suédois a livré un set acoustique Pagan maîtrisé.
Les Allemands n’étaient clairement pas venus faire dans la dentelle. Après avoir découvert quelques vidéos du groupe, j’ai pris une belle claque en les voyant sur scène.
À l’avant-dernière place de l’affiche, il a proposé un concert acoustique convaincant, qui m’a agréablement surpris.
Dix ans après leur passage au Hellfest, les Finlandais ont conclu la soirée sans décevoir, la puissance musicale, présence scénique et intensité : leur prestation a été un véritable bonheur.
Cette huitième édition restera, pour moi, une très belle réussite, malgré quelques soucis de lumière, notamment sur la scène acoustique, ou il manquait cruellement d’un éclairage frontal.
Le fait de ne pas séparer la salle en 3 comme avant, laisse davantage de place pour ceux qui préfèrent rester en retrait et, perso, je trouve ça bien.
Le contexte économique fragilise cependant le festival : l’augmentation des coûts liés aux tourneurs, aux groupes et aux nombreux frais d’organisation a entraîné un déficit important. Une campagne de dons a donc été lancée afin de permettre à l’événement de continuer.
Cette situation touche l’ensemble des festivals, mais les petites structures sont particulièrement vulnérables. La raréfaction des aides au spectacle en Loire-Atlantique, comme ailleurs, les oblige à diversifier leurs ressources. Or, même avec une jauge presque complète, ils ne peuvent pas augmenter fortement le prix des billets sans faire fuir le public. Soutenir ce type d’événement est donc essentiel, même primordial si l’on veut qu’ils durent dans le temps.
Un grand merci à Morrigan Prod de m’avoir permis de couvrir une nouvelle fois cet événement — la cinquième ou la sixième — auquel j’espère revenir l’an prochain avec une affiche pleine de surprises, du moins espérons le.
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